Évaluation des troubles causés par l’alcoolisation fœtale chez les délinquantes

On a mis à l’essai un outil de dépistage des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF) chez les délinquantes. D’après les résultats obtenus, cet outil pourrait servir à cerner les délinquantes probablement atteintes de TCAF

Pourquoi nous avons effectué cette étude

L’appellation « ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale » (ETCAF) est une expression générale qui regroupe les anomalies congénitales qui peuvent découler de l’exposition prénatale à l’alcool, lesquelles comprennent de nombreux diagnostics possibles, notamment un retard de croissance, des atteintes du système nerveux central et la présence de traits faciaux caractéristiques. Il importe d’examiner l’ETCAF dans les populations carcérales parce que de nombreux déficits liés à ces troubles peuvent nuire à la capacité des délinquants de s’adapter au milieu carcéral ou de participer à leur plan correctionnel.

Selon les données accumulées, les TCAF sont plus répandus dans les populations carcérales que dans la collectivité, mais il est difficile d’en évaluer la prévalence chez les délinquants. En plus d’être difficile de reconnaître les TCAF chez l’adulte (confirmer la consommation de substances par la mère alors qu’elle était enceinte), certaines caractéristiques sociales et intellectuelles des TCAF sont également fréquentes chez les délinquantes qui ne sont pas atteintes de TCAF, comme les problèmes de toxicomanie et l’impulsivité, compliquent encore plus l’évaluation des cas.

Conscient de ces difficultés, on a déjà conçu et mis à l’essai un outil de dépistage chez des délinquants de sexe masculin, et constaté qu’il permettait de cerner les cas de TCAF. La présente étude vise à évaluer l’efficacité d’une version modifiée de cet outil, la liste de contrôle brève pour le dépistage des TCAF chez les délinquantes (LCB-D).

Ce que nous avons fait

En tout, 23 délinquantes ont, en plus de répondre à la LCB-D, passé une batterie de tests neuropsychologiques et participé à une entrevue médicale, y compris un examen des traits faciaux caractéristiques des TCAF. L’atteinte de TCAF a été établie conjointement par un médecin expérimenté dans ce domaine, un neuropsychologue et un membre de l’équipe de recherche.

Ce que nous avons constaté

Un TCAF probable a été dépisté chez 4 des 23 participantes. Des déficits cognitifs sans lien avec un TCAF ont été constatés chez 5 délinquantes et 9 autres délinquantes n’étaient atteintes d’aucun déficit cognitif. On a classé 5 délinquantes dans la catégorie « diagnostic incertain » parce qu’elles présentaient certaines caractéristiques de TCAF sans remplir tous les critères nécessaires. Dans l’ensemble, la LCB-D s’est révélée efficace pour distinguer les délinquantes ayant un TCAF probable de celles qui avaient des atteintes cognitives autres que celles des TCAF et de celles qui n’avaient aucun déficit cognitif.

Les observations issues de la comparaison entre les délinquantes ayant des symptômes de TCAF et les autres concordaient avec les attentes fondées sur la littérature. Par exemple, il était plus probable que les délinquantes atteintes de TCAF aient eu des problèmes à l’école ou des difficultés liées à l’emploi, à la maîtrise de soi et aux aptitudes sociales ou qu’elles aient de la difficulté à comprendre les conséquences de leur comportement.

Ce que cela signifie

Dans l’ensemble, les résultats préliminaires portent à penser que la LCB-D pourrait servir à cerner les délinquantes probablement atteintes de TCAF. Étant donné les répercussions des TCAF sur l’adaptation des délinquantes au milieu carcéral et les effets possibles des déficits connexes sur leur capacité de profiter pleinement des interventions correctionnelles, le dépistage efficace des TCAF chez les délinquantes pourrait être très utile en milieu carcéral.

Pour de plus amples renseignements

Forrester, P., C. G. Davis, A. Moser, P. MacPherson, R. Gobeil et A. E. Chudley (2015). Évaluation des troubles causés par l’alcoolisation fœtale chez les délinquantes (Rapport de recherche R-346). Ottawa (Ontario) : Service correctionnel du Canada.

Pour obtenir le rapport complet en version PDF, ou pour toute autre demande de renseignements, veuillez communiquer par courriel a l’adresse research@csc-scc.gc.ca ou par téléphone au (613) 995-3975.

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