Cheminement des délinquants vers l'affiliation à un groupe menaçant la sécurité (GMS)

Faits saillants de la recherche : Les facteurs de marginalisation étaient les plus susceptibles d'être répertoriés pour les délinquants affiliés à un GMS, suivis par l'adversité pendant l'enfance et l'information sur les réseaux sociaux.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

Une brève analyse documentaire a permis de constater que les réseaux sociaux, la marginalisation et l'adversité pendant l'enfance étaient les trois principales trajectoiresNote de bas de page 1 vers l'affiliation à un groupe menaçant la sécurité (GMS)Note de bas de page 2,Note de bas de page 3,Note de bas de page 4. La présente étude avait pour but d'examiner l'information existante sur les trajectoires ayant mené les délinquants sous responsabilité fédérale à s'affilier à un GMS.

Ce que nous avons fait

Au total, 5 % (n = 200) des délinquants affiliés à un GMS ont été sélectionnés en vue d'un codage, et les membres ou les acteurs clés des GMS ont été sélectionnés pour tous les cas de codageNote de bas de page 5,Note de bas de page 6. À l'aide d'un manuel de codage détaillé, la documentation de gestion des cas a été analysée à partir du Système de gestion des délinquant(e)s (SGD) afin de cerner l'indicateur lié aux trois principales trajectoires. L'information pertinente à coder n'était pas disponible pour tous les délinquants dans le SGD. Par conséquent, lorsque de l'information était manquante pour plus de 5 % des délinquants concernant un indicateur en particulier, la proportion d'information disponible a été précisée.

Ce que nous avons constaté

La plupart des délinquantsNote de bas de page 7 (86 %) étaient affiliés à un GMS avant leur incarcération dans un établissement fédéral, et 83 % ont mentionné qu'ils jouaient un rôle central dans leur GMS avant leur incarcération. Ces résultats étaient constants, indépendamment des groupes ethnoculturels, du statut carcéral (en détention ou dans la collectivité) et des sous-groupes d'affiliation à un GMS.Note de bas de page 8 Des facteurs de motivation concernant l'affiliation à un GMS ont été fournis pour 29 % des hommes. Ceux-ci incluaient notamment l'argent, le sentiment d'appartenance ou de communauté, et les normes familiales ou communautaires.

Réseaux sociaux : Plus de 50 % des hommes ont déclaré avoir des liens sociaux avec les GMS; 17 % avaient des membres de la famille affiliés à un GMS, généralement des frères, sœurs ou cousins, et 2 % un partenaire affilié à un GMS. La moitié des hommes avaient des amis affiliés à un GMS, bien que cette information n'ait pas été consignée pour près du quart des hommes. Les comparaisons entre groupes ethnoculturels ont montré que les hommes autochtones (57 %) et noirs (63 %) étaient plus susceptibles d'avoir des amis et des membres de la famille affiliés à un GMS (30 %).

Marginalisation : Quatre-vingt-sept pour cent des hommes présentaient au moins l'un des facteurs suivants : chômage, itinérance, temps passé dans la rueNote de bas de page 9 ou antécédents de toxicomanie. Les antécédents de chômage étaient les plus fréquents (82 %), suivis par le temps passé dans la rue (54 %), les antécédents de toxicomanie (53 %) et les antécédents d'itinérance (13 %). Les hommes autochtones et noirs étaient plus nombreux à présenter ces indicateurs.

Adversité pendant l'enfance : Des facteurs d'adversité dans l'enfance ont été signalés pour 59 % des hommes, notamment la violence, l'éclatement familial et le placement en famille d'accueil. Dans l'ensemble, 31 % des hommes ont déclaré avoir été victimes de violence. Parmi les cas de violence répertoriés, les violences physiques (79 %), sexuelles (48 %) et psychologiques (34 %) étaient les plus fréquentes. En outre, 44 % des hommes ont déclaré avoir vécu un éclatement familial et 27 % ont été placés en famille d'accueil. Tous ces indicateurs étaient plus fréquents chez les hommes autochtones et chez les hommes en détention au cours de la période visée par l'étude.

Ce que cela signifie

Ces résultats permettent d'effectuer un examen préliminaire des trajectoires vers l'affiliation à un GMS chez les délinquants sous responsabilité fédérale, bien que des lacunes liées au signalement de ces indicateurs aient été mises en évidence. L'amélioration de la capacité du Service correctionnel du Canada à suivre et à utiliser l'information sur les GMS nécessiterait un processus de rapport normalisé. La compréhension des trajectoires d'affiliation aux GMS permettrait d'éclairer les stratégies d'intervention et de cerner d'autres domaines où des interventions seraient pertinentes, notamment en ce qui concerne les initiatives de désengagement des GMS. De futures recherches qualitatives pourraient également améliorer nos connaissances sur les trajectoires des hommes vers l'affiliation aux GMS.

Pour de plus amples renseignements

Vous pouvez joindre la Direction de la recherche.

Vous pouvez également visiter la page des Publications de recherche pour une liste complète des rapports et sommaires de recherche.

Préparé par : Sarah Cram et Shanna Farrell MacDonald

Date de modification :