Comparer les antécédents de traitement en santé mentale et de violence des participants autochtones et non autochtones au Programme national de traitement d'entretien à la méthadone (PNTEM)

Mots clés

Traitement d'entretien à la méthadone (TEM), santé mentale, délinquants autochtones

Contexte

On a observé, parmi les populations autochtones du Canada, des taux élevés de suicide et de traumatismes, comme celui lié au fait d'être victime de violence. Les personnes qui ont des problèmes de santé mentale ou ont vécu des expériences traumatisantes et qui consomment en outre des substances intoxicantes peuvent avoir besoin d'un soutien additionnel pour le traitement de leur problème de toxicomanie, car les problèmes de santé mentale et les traumatismes sont des facteurs de risque de toxicomanie (Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies, 2009). Le fait de mieux comprendre la prévalence des problèmes de santé mentale et des traumatismes parmi les participants au Programme national de traitement d'entretien à la méthadone [PNTEM] (qu'on connaît présentement sous le nom de Programme de traitement de substitution aux opioïdes [PTSO]Note de bas de page 1) aidera le SCC à répondre aux besoins des participants au programme.

Ce que nous avons fait

Le Centre de recherche en toxicomanie, en partenariat avec les Services de santé, recueille et gère les données administratives liées au PNTEM pour les participants au programme. En utilisant les données recueillies auprès de 676 délinquants et délinquantes ayant entrepris le PNTEM du SCC entre le 1er janvier 2009 et le 1er septembre 2011, nous avons comparé les antécédents de traitement en santé mentale et de violence des participants autochtones (n = 121) et non autochtones (n = 555) au PNTEM.

Ce que nous avons constaté

Même si on a observé des taux élevés de traitement pour des problèmes de santé mentale et d'antécédents de violence chez les délinquants autochtones et non autochtones, une plus grande proportion de délinquants autochtones ont signalé des antécédents de violence sexuelle, physique et psychologique ainsi que des comportements d'automutilation et des tentatives de suicide. En ce qui concerne d'autres problèmes de santé mentale, les délinquants autochtones et non autochtones présentaient des taux relativement similaires (Figure 1).

Figure 1 : Pourcentage de délinquants ayant signalé des antécédents de traitement en santé mentale et de violence au cours de leur vie (populations autochtone et non autochtone)

Pourcentage de délinquants ayant signalé des antécédents de traitement en santé mentale et de violence au cours de leur vie, par statut autochtone

Figure 1. Pourcentage de délinquants ayant signalé des antécédents de traitement en santé mentale et de violence au cours de leur vie, par statut autochtone

Le diagramme à barres compare les délinquants autochtones et non autochtones ayant signalé des antécédents de traitement en santé mentale et de violence au cours de leur vie et participé au Programme de traitement d'entretien à la méthadone (PTEM) du SCC du 1er janvier 2009 au 1er septembre 2011 (n = 676). En ce qui a trait au traitement en santé mentale, 51 % des délinquants autochtones et 49 % des délinquants non autochtones ont été traités pour de l'anxiété; 52 % des délinquants autochtones et 50 % des délinquants non autochtones ont été traités pour une dépression; 29 % des délinquants autochtones et 25 % des délinquants non autochtones ont été traités pour des troubles paniques; et 12 % des délinquants autochtones et non autochtones ont été traités pour une psychose. En tout, 36 % des délinquants autochtones et 27 % des délinquants non autochtones ont signalé au moins une tentative de suicide, tandis que 24 % des délinquants autochtones et 15 % des délinquants non autochtones ont signalé des antécédents d'automutilation. Enfin, en ce qui a trait aux antécédents de violence, 57 % des délinquants autochtones et 35 % des délinquants non autochtones ont été victimes de violence psychologique; 62 % des délinquants autochtones et 39 % des délinquants non autochtones ont été victimes de violence physique; et 49 % des délinquants autochtones et 29 % des délinquants non autochtones ont été victimes de violence sexuelle.

Ce que cela signifie

Ces résultats indiquent le besoin de tenir compte des problèmes de santé mentale, et, en particulier, des antécédents de violence dans le traitement des délinquants dépendants aux opioïdes, tout spécialement au sein de la population de délinquants autochtones.

Bibliographie

Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies (2009). Toxicomanie au Canada : Troubles concomitants, Ottawa (Ontario), auteur.

Préparé par : Mary-Ann MacSwain et Madelon Cheverie

Pour nous joindre

Direction de la recherche
613-995-3975
recherche@csc-scc.gc.ca

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

En 2008, le SCC a étendu le Programme national de traitement d'entretien à la méthadone (PNTEM) afin de fournir également de la Suboxone aux délinquants qui répondent aux critères d'admissibilité, de sorte que le PNTEM est devenu le Programme de traitement de substitution aux opioïdes (PTSO).

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