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Les services de santé et les détenus

Une étude récente réalisée dans la Région des Prairies s'est intéressée à l'utilisation que font les détenus des services de santé mis à leur disposition. La méthodologie utilisée ressemblait à celle des chercheurs Sheps et Schechter qui, en 1984, avaient étudié cette question dans la Région du Pacifique. L'enquête s'est déroulée dans neuf établissements fédéraux de la Région des Prairies entre les 29 mai et 28 juin 1987.

Aux fins de cette étude, on a défini une visite médicale comme étant une interaction entre un détenu et un professionnel de la santé, incluant les médecins, les dentistes, les optométristes, les diététiciennes, les psychiatres ou les infirmières. Ces rencontres pouvaient avoir lieu à la clinique, au guichet de la clinique ou dans la cellule du détenu. Par visites médicales, on entendait les visites au cours desquelles les détenus recevaient des traitements ou des avis médicaux. Étaient excluses de cette définition, les visites au guichet où le détenu se voyait remettre des médicaments ainsi que les rencontres servant essentiellement à obtenir un rendez-vous. Les visites en cellule n'étaient comptabilisées que si elles visaient à exposer et a résoudre un problème de santé.

Sur une période d'un mois, on a relevé 3 981 visites médicales. La répartition des temps de visite a démontré que les visites au guichet étaient plus fréquentes durant les heures d'ouverture habituelles de la clinique. Les résultats obtenus ont montré que le pourcentage des visites variait selon le degré de sécurité de l'établissement. Les établissements multisécuritaires, tels que le pénitencier de Saskatchewan, le Centre psychiatrique régional ainsi que l'établissement à sécurité minimale de Bowden, ont enregistré les taux d'utilisation des services de santé les plus élevés.

Les dix maladies dont se plaignaient le plus fréquemment les détenus représentaient 48 % de toutes les maladies répertoriées au cours de cette étude. Quel que soit le lieu de la visite médicale, les détenus se plaignaient surtout d'anxiété, de maux de dos et de maux de tête. Les blessures comptaient pour 7 % des problèmes rapportés. Cinquante-huit pour cent des visites médicales étaient effectuées par le personnel infirmier et 25 % par les médecins.

Si l'on examine l'issu de ces visites médicales, on s'aperçoit que 58 % des détenus étaient invités à revenir au besoin, que 18 % devaient se représenter pour une visite de suivi, qu'environ 15 % d'entre eux étaient référés à d'autres médecins, psychiatres ou spécialistes, et qu'approximativement 2 % des détenus étaient admis à l'infirmerie de l'établissement ou dans un hôpital extérieur.

Selon les professionnels de la santé, la plupart des visites étaient nécessaires; seulement 11 % de ces visites ont été jugées inutiles. D'après l'auteur, le pourcentage de visites médicales inutiles dans un pénitencier est pratiquement le même que dans la communauté extérieure. Les cas d'extrême urgence représentaient 2 % des visites, les cas urgents 9 % et les visites nécessaires mais non urgentes 78 %. Il est intéressant de noter que seulement 39 % des visites ont donné lieu à des traitements avec médication. Les dix visiteurs les plus assidus dans chacun des établissements se sont accaparés de 12 à 27 % de toutes les visites. Dans la Région des Prairies, les cinquante patients les plus assidus de neuf établissements (regroupant 3 % de tous les visiteurs) s'accaparaient 15 % de toutes les consultations.

L'étude confirme certaines des conclusions de la recherche précédente menée dans la Région du Pacifique. Les deux enquêtes ont démontré qu'une grande partie des services dispensés s'adressait en fait à un très petit nombre de détenus. Par comparaison avec la Région du Pacifique, l'usage des médicaments était moindre dans la Région des Prairies. Une hypothèse a été avancée : l'accès réduit au guichet a découragé les détenus de l'utiliser comme une pharmacie. On peut également supposer que la philosophie des soins s'est transformée au cours des années qui se sont écoulées entre les deux enquêtes.


Millar, J.M. Dr (1988). Utilization of Health Care Services in the Prairie Region Federal Prisons. Services médicaux et de santé, Service correctionnel du Canada, Région des Prairies, Saskatoon (Saskatchewan).