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Un programme suédois de lutte contre l'abus de l'alcool et des drogues: Résultats d'un programme de thérapie pour les toxicomanes à la prison d'Ôsteraker

Au cours des deux dernières décennies, la toxicomanie est devenue un grave problème un peu partout dans le monde. Ce problème est particulièrement visible au sein des microcosmes que constituent les populations carcérales des différents pays, et la Suède n'y échappe pas. En fait, les résultats d'enquêtes menées par l'administration des prisons suédoises indiquent qu'en tout temps au cours des dernières années, environ 30 % de leur population carcérale ayant eu une condamnation appartenaient à la catégorie des toxicomanes.

Des programmes spéciaux de désintoxication sont déjà en vigueur depuis quelque temps dans plusieurs établissements correctionnels suédois. Le programme évalué dans le cadre de l'étude est perçu comme étant le programme le plus complet au pays; on a dit de ce programme qu'il ressemblait aux programmes offerts dans les communautés thérapeutiques. Offert à la prison nationale d'Ôsteràker, ce programme a été créé en 1978.

Le programme de désintoxication de la prison d'Osteraker peut admettre un maximum de 50 détenus, logés dans cinq ailes différentes de l'établissement. Les délinquants intéressés doivent demander leur admission au programme et s'engager à le suivre pour une durée minimale de huit mois; l'étude a cependant révélé que les délinquants poursuivent en moyenne cette thérapie pendant un an. Les délinquants doivent se soumettre à des contrôles quotidiens sous forme d'analyses d urine.

L'échantillon comprenait 133 détenus qui avaient participé au programme d'Ôsteraker entre le 1er janvier 1979 et le 31 décembre 1981. Les deux tiers des répondants étaient âgés de moins de 30 ans. La majorité des répondants (80 %) avaient été incarcérés au moins une fois auparavant. Plus de la moitié d'entre eux purgeaient une peine pour une infraction reliée à la drogue. Fait intéressant, une minorité importante (environ 13 %) avait été condamnée pour une infraction avec violence.

Des 133 personnes admises au programme au cours de la période couverte par l'étude, 53 % (70) ont suivi la thérapie jusqu'à la fin tandis que 47 % (63) ont abandonné en cours de route de leur propre chef ou après avoir été expulsées du programme à la suite d'une violation des termes de l'entente.

Plus de la moitié des 70 détenus qui se sont rendus jusqu'au bout du programme ont été transférés à Bogesund (une prison à sécurité réduite du voisinage), un tiers d'entre eux ont bénéficié d'une libération conditionnelle dans la collectivité et les autres (14 %) ont été renvoyés à des établissements locaux, en attendant d'être acceptés dans des communautés thérapeutiques externes ou dans un établissement doté d'installations spéciales pour la poursuite de l'étude. Parmi les détenus envoyés à Bogesund, un tiers ont été incapables de compléter leur séjour de manière satisfaisante.

La réussite du programme a été évaluée en fonction des taux de récidive et du nombre de délinquants qui ont mis fin à leur consommation d'alcool et de drogues. On a recueilli pendant deux ans des renseignements sur les 133 détenus qui avaient été admis au programme, qu'ils aient réussi ou non à compléter le programme. Près d'un tiers du groupe n'avait pas récidivé. Une très forte majorité des récidivistes avaient été de nouveau condamnés à des peines d'emprisonnement.

Il existait une nette différence dans les taux de récidive entre ceux qui avaient terminé le programme et ceux qui l'avaient abandonné. De ceux qui avaient terminé le programme, 46 % n'avaient pas récidivé alors que pour ceux qui l'avaient abandonné, ce pourcentage n'était que de 16.

Une autre constatation importante a trait à la durée de la libération conditionnelle avant qu'il y ait condamnation pour une nouvelle infraction. Chez les délinquants qui avaient terminé la thérapie, 72 % des récidivistes avaient été condamnés avant la fin de la première année; dans le groupe de ceux qui avaient abandonné, ce pourcentage était de 94.

En ce qui concerne la toxicomanie, 53 % du groupe total avaient de nouveau consommé des drogues après la fin du programme. Aucune différence marquée n'a été relevée entre les délinquants qui avaient complété le programme et ceux qui l'avaient abandonné.

Certains résultats de l'étude n indiquent qu'un succès modéré du programme dans ses débuts, mais une étude subséquente menée auprès des détenus relâchés au cours des années 1982-1983 et 1983-1984 parvient à des conclusions plus encourageantes. D'après les chercheurs, ces résultats sont imputables à l'amélioration des méthodes thérapeutiques, à l'évolution du programme lui-même et à l'amélioration du processus de sélection.

La différence la plus frappante entre les conclusions de ces deux études a trait au taux de récidive durant la première année. Chez les délinquants remis en liberté au cours des années 1979-1980 et 1980-1981, le taux de récidive était de 53 %, comparativement à 29 % chez ceux qui avaient été relâchés au cours des deux années subséquentes.

Conclusion des auteurs : la chute du taux de récidive correspond en gros aux prévisions, compte tenu des changements dans la composition d'une clientèle moins encline à la récidive.



Résultats d'un programme de thérapie pour les toxicomanes à la prison d'Ôsternker. (Rapport 1986: 2). Étude menée conjointement par les services administratifs de la Prison nationale de Suède et les services de libération conditionnelle, Unité de la planification et de la coordination, Groupe de la recherche et du développement.