Analyse documentaire sur les difficultés liées à l’accès aux services et aux soins de santé pour les délinquants aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie pendant leur transition de l’incarcération vers la collectivité

Faits saillants de la recherche: La continuité du traitement en santé mentale, un logement stable et l’emploi favorisent de meilleurs résultats.

Pourquoi nous avons effectué cette étude

Cette étude est une revue narrative des écrits portant sur les problèmes de santé et l’effondrement de l’accès aux soins et aux services pour les délinquants aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie lors de la transition de l’incarcération vers la collectivité, les facteurs qui contribuent à ces résultats et les interventions ou approches d’atténuation des préjudices qui ont été évaluées au cours des 20 dernières années.

Ce que nous avons fait

Nous avons interrogé les principales bases de données pour y trouver des publications sur les expériences ou les défis en matière de transition/mise en liberté de délinquants ayant des problèmes de maladie mentale ou de toxicomanie qui ont été relevés dans des études publiées depuis 1996. L’information a été regroupée en trois vastes thèmes, soit les défis et résultats lors de la mise en liberté, les facteurs qui contribuent à ces défis et les interventions visant à améliorer les résultats. Les facteurs contributifs ont été classés en trois catégories, soit les facteurs individuels (c.-à-d. les éléments personnels qui expliquent le comportement), les facteurs structurels (c.-à-d. les éléments relatifs à l’environnement économique et social) et les facteurs systémiques.

Ce que nous avons constaté

Des facteurs individuels liés à la toxicomanie et aux troubles de la personnalité ont rendu plus difficile de poursuivre un traitement. Des facteurs structurels, comme des politiques ou des exigences restrictives en matière de logement et d’emploi, ont fait obstacle aux mesures visant à répondre aux besoins précis de populations de délinquants atteints de maladie mentale ou de délinquants toxicomanes. Des facteurs systémiques, y compris une planification prélibératoire inadéquate et un logement instable, ont fait obstacle à l’atteinte d’une stabilité sociale et à la participation aux traitements pendant la transition vers la collectivité.

Les approches les plus bénéfiques pour l’ensemble des résultats comportaient un traitement en établissement et une planification, une exécution et un suivi des soins avant et après la mise en liberté. Les interventions prélibératoires ou postlibératoires à elles seules n’étaient généralement pas garantes d’un contact continu avec les délinquants, ni d’une participation des délinquants au traitement au point critique de mise en liberté, de manière à assurer un traitement ininterrompu. Les délinquants qui ont suivi un traitement en santé mentale ou de la toxicomanie après leur mise en liberté ont affiché des taux d’hospitalisation, de consommation de drogues, de décès et de réincarcération plus faibles.

Une corrélation a été établie entre les interventions comportant des soins prélibératoires et une aide postpénale continue, grâce à une gestion des cas ou à l’inscription des délinquants à des programmes communautaires avant leur mise en liberté, et une réduction du nombre de rechutes et de retour à un comportement ayant mené à l’incarcération, une plus faible probabilité de nouvelle arrestation et des niveaux plus élevés de maintien en traitement.

Bien des délinquants ayant des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie ont indiqué que leurs besoins les plus pressants au moment de leur transition vers la collectivité étaient liés au logement et à l’emploi ou à une autre forme d’aide financière. Leur incapacité à obtenir un traitement en santé mentale ou en toxicomanie ou à poursuivre un tel traitement après leur mise en liberté était attribuable à leur besoin premier de trouver une stabilité sociale (c.-à-d. un logement et un emploi).

Ce que cela signifie

La continuité du traitement après la mise en liberté de délinquants atteints de troubles de santé mentale joue un rôle important dans l’amélioration des résultats, mais elle est compromise lorsque la priorité est accordée à d’autres besoins sociaux pressants. Les stresseurs qui ont contribué aux moins bons résultats étaient le manque de soutien social et les difficultés liées à l’atteinte d’une stabilité en matière de logement et de revenus pendant la réinsertion sociale.

Pour de plus amples renseignements

Murphy, Y., Farihah, A., Fischer, B. (2018). Analyse documentaire sur les difficultés liées à l’accès aux services et aux soins de santé pour les délinquants aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie pendant leur transition de l’incarcération vers la collectivité. (Rapport de recherche R-398). Ottawa (Ontario) : Service correctionnel du Canada.

Pour obtenir le rapport complet en version PDF, veuillez en faire la demande par courriel à la Direction de la recherche ou par téléphone au 613-995-3975.

Vous pouvez également consulter la page des Publications de recherche pour une liste complète des rapports et sommaires de recherche.

Date de modification :